Culture, 6 min de lecture
Made in France : petit tour des studios qui font le jeu vidéo français

De Montpellier à Bordeaux en passant par Paris et Lyon, la France fabrique des jeux qui comptent. Le tour des studios à connaître, ville par ville.
La rédaction de La Manette. Actualisé le 13 octobre 2026
On imagine souvent le jeu vidéo comme une affaire américaine ou japonaise. Pourtant, une bonne partie des jeux dont on parle sur La Manette ont été conçus en France. Pas dans un seul pôle, mais dans plusieurs villes qui ont chacune leur caractère. Petit tour de France, sans prétendre à l’exhaustivité : on ne cite que des studios dont on est sûrs.
Montpellier, la capitale surprise
Si tu ne devais retenir qu’une ville, ce serait celle-là. Ubisoft Montpellier y travaille depuis longtemps : c’est le studio derrière Rayman Legends, l’un des jeux de plateforme les plus généreux de sa génération, et plus récemment derrière Prince of Persia: The Lost Crown, un metroidvania nerveux qui a surpris beaucoup de monde. C’est aussi là qu’est né Beyond Good & Evil.
Autour de ce gros studio, toute une scène indépendante s’est développée. The Game Bakers a signé Furi, un enchaînement de duels contre des boss qui ne pardonne rien. DigixArt a imaginé Road 96, un road-trip narratif où chaque partie prend une route différente. BlueTwelve Studio a donné au monde Stray et son chat perdu dans une ville de robots. Et Sandfall Interactive a sorti Clair Obscur: Expedition 33, un jeu de rôle au tour par tour à l’esthétique Belle Époque qui a fait beaucoup parler de lui en 2025.
Bordeaux, entre gros moteurs et roguelites
Asobo Studio est installé à Bordeaux. On lui doit A Plague Tale: Innocence et sa suite Requiem, deux aventures sombres dans la France du Moyen Âge, mais aussi Microsoft Flight Simulator, sorti en 2020. Deux registres très différents, ce qui en dit long sur le savoir-faire technique de l’équipe.
Toujours à Bordeaux, Motion Twin a créé Dead Cells, l’un des roguelites d’action les plus influents de ces dernières années. Le studio est organisé en coopérative, une rareté dans le secteur. Le suivi du jeu a ensuite été confié à Evil Empire, un autre studio bordelais. La ville accueille aussi Shiro Games, connu pour Northgard et la série Evoland.
Paris et sa région, la narration avant tout
Dontnod (qui s’écrit aujourd’hui Don’t Nod) est un studio parisien. C’est lui qui a lancé Life is Strange en 2015, une aventure en épisodes devenue une référence du jeu narratif. Toujours à Paris, Quantic Dream s’est fait un nom avec des récits interactifs comme Heavy Rain ou Detroit: Become Human, et Amplitude Studios s’est spécialisé dans la stratégie, avec Endless Legend ou Humankind.
Lyon, Roubaix et ailleurs
À Lyon, Arkane a construit sa réputation sur des jeux d’action à la première personne où l’on peut aborder chaque situation de plusieurs façons : Dishonored, puis Deathloop. Plus au nord, à Roubaix, Ankama fait vivre depuis des années l’univers de Dofus, un jeu en ligne qui a marqué toute une génération de joueurs francophones.
Et si l’on élargit un peu la carte, Tchia mérite une mention : cette aventure en monde ouvert s’inspire directement de la Nouvelle-Calédonie, de ses paysages et de sa culture.
Ce que ces jeux ont en commun
Difficile de parler d’une « patte française » unique tant les styles varient. Mais on retrouve souvent les mêmes ingrédients : une direction artistique forte, une vraie envie de raconter quelque chose, et des équipes de taille moyenne qui préfèrent un jeu marquant à un jeu énorme. Beaucoup de ces studios ont aussi profité d’un écosystème solide, avec des écoles spécialisées et des aides publiques à la création.
Par où commencer ?
Si tu veux un échantillon représentatif en trois jeux : Clair Obscur pour l’ambition, Dead Cells pour la précision du gameplay, et Road 96 pour la narration. Trois studios, trois villes, trois façons très différentes de faire du jeu vidéo. Et une bonne raison d’arrêter de penser que les grands jeux viennent toujours d’ailleurs.
À lire aussi : Bien choisir une manette pour jouer sur PC